Sérums de soin aux raisins : l'artisanat pyrénéen en circuit court
Selon le journal Réussir, Valérie Bannier transforme depuis un an les marcs de raisin des Pyrénées-Orientales en sérums de soin pour la peau.

Un marc de raisin, deux sérums: la recette d'un circuit court cosmétique
Derrière ce geste simple se cache une méthode de travail que tout producteur artisanal peut étudier: valoriser un sous-produit de la vinification, formuler soi-même, et tenir un circuit court sans laboratoire à soi.
Valérie Bannier n'est pas venue de nulle part. Fille et petite-fille de vignerons du Cognacais, elle a d'abord entamé une formation en herboristerie à l'école de Montpellier avant de bifurquer vers la cosmétologie. Installée au sud de Perpignan, territoire dense en vins nature et biodynamiques, c'est par l'intermédiaire d'une amie vigneronne qu'elle a eu l'idée de valoriser le marc de raisin. Il y a un an, elle lançait Raisonance cosmétiques à Thuir, dans les Pyrénées-Orientales.
La méthode d'extraction: deux voies distinctes pour deux formules
Le procédé mérite l'attention de qui s'intéresse à la fabrication maison. Valérie Bannier récupère le marc frais juste après la vinification, le met sécher, puis pratique deux types d'extraction pour en récupérer les polyphénols:
- Une macération hydroglycérinée pour sa formule aqueuse;
- Une macération huileuse à chaud pour sa formule à base d'huile.
Ces deux méthodes donnent des consistances radicalement différentes au produit final. Concrètement, elle a choisi de ne pas proposer de crèmes, qui sont des émulsions nécessitant un travail plus complexe. Sa gamme repose sur deux sérums, Équilibre et Sérénité, formulés avec des huiles essentielles et, dans certains cas, du bakuchiol: un actif anti-âge tiré du babchi, présenté comme une alternative naturelle au rétinol.
Ce que le parcours de Valérie Bannier peut inspirer
Plusieurs choix de cette créatrice sont transposables pour un artisan ou un amateur de cosmétique maison:
1. Le circuit court comme axe directeur. Le marc est en biodynamic, la production reste locale, et les formules sont créées par la fondatrice elle-même. Pas d'intermédiaire industriel.
2. La mutualisation comme solution pour la conformité. Membre de l'association Sauvages et cultivées, Valérie Bannier accède à un laboratoire collaboratif mutualisé entre plusieurs productrices de plantes aromatiques, de semences potagères ou de fleurs, et conforme aux normes réglementaires. C'est un modèle à creuser pour qui n'a pas les moyens de moner son propre labo.
3. La simplification volontaire. Éviter les émulsions (crèmes) au profit de sérums, plus simples à formuler en atelier, permet de rester concentré sur l'efficacité des actifs sans augmenter le risque de contamination.
Ce qu'il faut retenir
Le parcours de Valérie Bannier confirme une tendance observable: les actifs issus de la vigne et du raisin ont gagné en visibilité, notamment grâce à la communication de marques comme Caudalie. Ce chemin a été défriché, mais il reste ouvert à des projets à échelle artisanale, en circuit court, avec des formulations originales. La créatrice elle-même reconnaît que le marché de la cosmétique naturelle s'est beaucoup développé et que la concurrence est nombreuse. Malgré tout, elle parvient à se faire une place, via une boutique en ligne et quelques points de vente locaux.
Si vous travaillez vous-même avec des matières premières issues du terroir, le marc de raisin reste un sous-produit abondant en zone viticole et riche en polyphénols. Une macération hydroglycérinée ou une macération huileuse à chaud sont des techniques accessibles, documentées dans la littérature de la saponification et de la cosmétique maison. La question n'est pas la ressource, mais la méthode et la rigueur du séchage.
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